L’Initiative pour la transparence de l’action climatique (ICAT) : une rencontre vise à briser les silos d’information et à préparer un événement de haut niveau prévu le 13 novembre prochain lors de la COP31

DAKAR, 16 OCTOBRE 2026 (JVFE)—L’Initiative pour la transparence de l’action climatique (ICAT) : une rencontre vise à briser les silos d’information et à préparer un événement de haut niveau prévu le 13 novembre prochain lors de la COP31.

Cinq pays africains francophones se sont réunis en atelier à Saly (Mbour) près de Dakar, du 14 au 16 octobre 2026, pour harmoniser leurs mécanismes de suivi et garantir la transparence et la traçabilité de la finance climat. Organisée sous l’égide de l’Initiative pour la transparence de l’action climatique (ICAT), cette rencontre vise à briser les silos d’information et à préparer un événement de haut niveau prévu le 13 novembre prochain lors de la COP31.

L’objectif majeur de ce rassemblement est d’impliquer directement les ministères des Finances aux côtés des ministères de l’Environnement. Les ressources climatiques s’ajoutant aux budgets classiques de développement, les arbitrages budgétaires et le contrôle des dépenses nécessitent un suivi rigoureux qui dépasse le seul cadre environnemental.

Pays ParticipantsObjectifs StratégiquesIntervenants Clés
Sénégal
Côte d’Ivoire
Cameroun
Niger
Comores
• Harmoniser les outils de suivi des fonds environnementaux.
• Améliorer la traçabilité des ressources mobilisées.
• Casser les silos financiers entre ministères.
• Fournir des données fiables pour l’aide à la décision.
• Madeleine Diouf Sarr (Directrice du changement climatique et des financements verts, Sénégal).
• Mame Fatou Sagna Sow (Conseillère technique au ministère de l’Environnement, Sénégal).
• Henning Wuester (Directeur de l’ICAT).

Les recommandations issues de cet atelier de Dakar alimenteront directement l’agenda des négociations internationales sur le climat. La transparence financière reste la colonne vertébrale des discussions entre les pays du Nord et les pays du Sud afin de libérer l’accès effectif aux budgets d’adaptation indispensables pour l’Afrique.

L’Initiative pour la transparence de l’action climatique (ICAT) est un partenariat mondial indépendant créé pour aider les pays en développement à renforcer leurs capacités à mesurer, notifier et vérifier (systèmes MRV) leurs actions climatiques.

Alors que les impacts du changement climatique se font de plus en plus sentir dans toute l’Afrique, les pays de la région sont à la pointe de l’action climatique et tirent le meilleur parti des solutions climatiques que le continent a à offrir.

Les engagements des gouvernements en matière de climat sont essentiels à la paix et à la prospérité, ainsi qu’à la préservation des merveilles naturelles uniques de l’Afrique. Celles-ci comprennent notamment le Nil (le plus long fleuve du monde), la forêt tropicale du Congo (la deuxième plus grande de la planète) et la biodiversité inégalée que les divers écosystèmes du continent abritent.

En misant sur la transparence, l’inclusion et les partenariats scientifiques, trois pays africains – l’Ouganda, le Kenya et la Somalie – montrent qu’il est possible de réaliser de véritables progrès en matière d’action climatique.

En clôturant les travaux de formation , le Secrétaire Exécutif du CNEDD a exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des participants pour la qualité et la pertinence des échanges Il a également adressé ses sincères remerciements au Citepa et à l’ICAT pour leur appui constant, ainsi qu’au consultant international pour sa disponibilité et la qualité des modules dispensés. Il a ensuite invité les participants à procéder à une évaluation objective de la formation, afin de contribuer à l’amélioration continue des contenus proposés.

Par ailleurs, il a encouragé les participants à mettre en pratique les connaissances acquises dans l’exercice de leurs missions régaliennes, notamment en matière de suivi et de gestion du financement climatique, en insistant sur l’importance de capitaliser ces acquis pour renforcer l’efficacité du système national de transparence. Il a également souhaité un bon voyage au consultant, tout en exprimant le souhait de le retrouver prochainement dans d’autres activités, notamment celles liées au Cadre de Transparence Renforcé. Enfin, il a souhaité un bon retour aux participants dans leurs familles respectives, avant de déclarer officiellement clos les travaux.

Rôle et fonctionnement de l’ICAT

L’ICAT fournit des outils méthodologiques, des guides pratiques et un soutien technique sur mesure. L’objectif est de permettre aux pays d’évaluer l’impact de leurs politiques publiques sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre et de suivre les financements reçus.

Piliers d’interventionDomaines d’applicationBénéfices pour les États
Méthodologies & Outils• Évaluation des politiques (transport, énergie, agriculture).
• Suivi de la finance climat.
• Analyse des impacts socio-économiques.
• Données fiables pour guider les décisions politiques.
• Transparence accrue face aux bailleurs de fonds.
• Planification budgétaire nationale optimisée.
Renforcement des capacités• Formation des cadres ministériels.
• Intégration des ministères des Finances.
• Partage de bonnes pratiques régionales.
• Autonomie dans la gestion des inventaires d’émissions.
• Synergie interministérielle (Environnement et Économie).
• Conformité avec les exigences internationales.

Objectifs de la rencontre de Saly

  • Briser les silos institutionnels : Les participants ont fermement plaidé pour une implication directe des ministères des Finances aux côtés des ministères de l’Environnement. La finance climat ne devant plus être l’apanage exclusif des seuls services environnementaux, l’intégration des administrations financières s’avère essentielle pour optimiser les arbitrages budgétaires et le contrôle des dépenses publiques.
  • Renforcer la traçabilité : Face à un changement climatique devenu une réalité quotidienne en Afrique, les pays visent à mettre en place des mécanismes robustes pour suivre, mesurer et évaluer l’impact réel des flux financiers climatiques, qui s’ajoutent aux budgets classiques du développement.
  • Partager des informations utiles : Comme l’a rappelé le directeur de l’ICAT, Henning Wuester, la transparence doit servir avant tout à générer des données fiables pour faciliter la prise de décision stratégique.

Cet événement se tiendra dans le cadre de la COP31, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui aura lieu à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre 2026.

Ce rendez-vous de haut niveau permettra aux cinq nations de présenter une approche commune et harmonisée de la transparence de la finance climat à l’échelle internationale.

Importance pour l’Accord de Paris

Dans le cadre de l’Accord de Paris, tous les pays doivent se soumettre au Cadre de transparence renforcé (ETF). L’ICAT est l’un des principaux moteurs techniques permettant aux pays africains et en développement de respecter ces obligations internationales, indispensables pour instaurer la confiance avec les donateurs et débloquer de nouveaux financements internationaux.

1. Tous les systèmes sont opérationnels en Ouganda

Pour que les efforts en matière d’action climatique soient pris en compte, les pays doivent mesurer les progrès accomplis dans la réalisation de leurs objectifs climatiques. L’Ouganda est devenu l’un des premiers pays à développer et à lancer un outil interactif de suivi, de notification et de vérification (outil MRV). Ce nouvel outil assure un suivi en temps réel de l’inventaire national des GES et rationalise la collecte des données en surveillant et en rendant compte des actions en faveur du climat dans tous les secteurs.Une autre particularité de cet outil est qu’il englobe à la fois les efforts d’adaptation et d’atténuation, en suivant de près l’évolution des cibles définies dans la contribution déterminée au niveau national (CDN) mise à jour de l’Ouganda.

L’outil MRV de l’Ouganda va au-delà du simple suivi des contributions sectorielles à l’action climatique. Il génère également des rapports illustrant l’harmonisation de ces données avec les différents indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD), répondant ainsi aux exigences internationales et nationales en matière d’établissement de rapports. En outre, cet outil permet d’assurer un suivi des flux de financement destinés à des actions climatiques spécifiques, ce qui est essentiel pour identifier les déficits de financement et améliorer la planification et la budgétisation de la mise en œuvre des CDN.

Une femme prend des mesures avec un globe en Ouganda

Photo : PNUD Uganda

Un technicien réparant une installation de captation de données climatiques en Ouganda

Photo : PNUD Uganda

Cette approche innovante présente l’avantage supplémentaire de lier les actions climatiques de l’Ouganda aux objectifs plus généraux du pays en matière de développement durable. Dans ce cadre, elle met en évidence l’engagement de l’Ouganda en faveur d’une approche holistique et intégrée relativement à l’action pour le climat et le développement, ce qui contribuera à accroître l’efficacité des interventions, servira de base pour équilibrer les avantages immédiats et à long terme et permettra de garantir le financement des mesures présentant les plus grands avantages pour la société et l’environnement.

Lancé parallèlement au plan de financement et de mise en œuvre de la CDN du pays, l’outil MRV a été officiellement opérationnalisé avec l’appui de l’initiative Climate Promise du PNUD et du Programme Ambition climatique accrue dans l’utilisation des terres et l’agriculture (SCALA). Grâce à la formation pratique de 60 représentants des gouvernements nationaux et locaux, du secteur privé et des organisations de la société civile, l’Ouganda renforce l’aptitude nationale à exploiter les capacités de l’outil en vue d’une action climatique et de rapports efficaces.

2. La forêt de tous au Kenya

Pour remédier aux conséquences de décennies de déforestation, le Kenya se concentre désormais sur la préservation, la régénération et l’expansion de ses écosystèmes forestiers diversifiés.

Le pays a déjà accompli des progrès notables en atteignant son objectif initial de 10 pour cent de couvert arboré en 2022. Il a revu ses ambitions à la hausse et vise à présent un couvert arboré de 30 pour cent d’ici à 2050. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre de l’engagement global du pays à renforcer son ambition climatique – à savoir, réduire les émissions de gaz à effet de serre et mettre en œuvre des actions d’adaptation plus solides.

Vue aérienne d'une rivière au Kenya

Photo : PNUD Kenya

Ce qui distingue l’approche du Kenya, c’est non seulement son objectif ambitieux de reboisement, mais également son adoption d’une stratégie à l’échelle de la société. C’est ce qu’illustre la participation active des groupes communautaires qui travaillent aux côtés du gouvernement national et des autorités régionales et locales afin de réhabiliter trois écosystèmes forestiers importants pour le pays : les forêts de Kaptagat et de Kakamega et le lac Magadi.

Environ 2 millions de personnes dont les moyens de subsistance dépendent des écosystèmes forestiers bénéficient de cette initiative. Des groupes communautaires, y compris des associations scolaires et forestières, ont participé à des campagnes de plantation d’arbres et à l’élaboration de plans de gestion communale des forêts, en collaboration avec le service forestier du Kenya. Ces approches inclusives contribuent à garantir l’appropriation et la durabilité de ces efforts.

Un homme porteur de handicap qui arrose des plants d'arbres

Photo : PNUD Kenya

Des plants d'arbre au Kenya

Photo : PNUD Kenya

Par exemple, dans le comté de Narok, 20 écoles participent activement à une campagne de plantation d’arbres menée au niveau local. Cette initiative couvre 4 800 écoles à l’échelle nationale et met en place des fermes de semis qui permettent aux enfants d’apprendre de manière pratique à s’occuper et prendre soin des jeunes plants. Cette approche favorise la sensibilisation des jeunes générations à l’environnement tout en les dotant de compétences concrètes et en fournissant aux écoles une végétation dont elles ont grand besoin.

Des écoliers avec leur professeur au Kenya

Photo : PNUD Kenya

De plus, le Kenya et ses partenaires reconnaissent et soutiennent activement le rôle important des communautés autochtones dans la préservation des forêts. En accordant des subventions directes à des organisations non gouvernementales locales sélectionnées pour travailler avec les communautés autochtones, le PNUD vise à encourager les efforts locaux en faveur de la conservation des forêts, reconnaissant ainsi les connaissances, les compétences et les perspectives uniques de ces communautés et s’appuyant sur l’expérience des personnes qui sont en première ligne.

Grâce à la participation des parties prenantes, la promotion de l’engagement communautaire et l’habilitation des jeunes et des communautés autochtones, le Kenya progresse à grands pas vers la réalisation de ses objectifs climatiques et la promotion d’un avenir durable pour ses citoyens et ses écosystèmes inestimables.

3. Des partenariats pour combler les lacunes en Somalie

En Somalie, la participation des institutions universitaires en tant que partenaires stratégiques dans l’action climatique apparaît comme une solution clé face à des capacités techniques et institutionnelles limitées.

Vue d'une rue en Somalie

Photo : PNUD Somalie


Pour combler le manque de capacités, la Somalie a établi des partenariats avec trois universités – l’université de Moud, l’université d’État du Puntland (PSU) et l’université SIMAD – afin de mettre en œuvre son plan national d’adaptation (PNA). Cette collaboration permet au gouvernement de tirer parti de l’expertise des universités et d’externaliser l’élaboration de formations et d’actions de sensibilisation essentielles.

En impliquant les institutions universitaires, la Somalie s’assure que les connaissances et les enseignements tirés de la mise en œuvre de son son Projet PNA – financé par le Fonds vert pour le climat et le PNUD – peuvent continuer à profiter au pays bien après la fin de ce projet.

Les universités participeront à la conception d’un cadre de suivi et d’évaluation (S&E), en fournissant des informations sur la disponibilité des données et les méthodologies de suivi, ainsi que sur sa mise en œuvre. Les universités partenaires joueront également un rôle consultatif essentiel dans l’élaboration et la mise en œuvre de méthodes d’évaluation de la vulnérabilité, en soutien à la formulation du plan national d’adaptation.

Des étudiantes marchant dans la rue

Photo: PNUD Somalie

Des étudiantes travaillant à une table

Photo: PNUD Somalie

Pour renforcer la gouvernance et la coordination, des représentants universitaires siégeront au comité directeur du projet, d’abord en tant qu’observateurs, puis en tant que conseillers. Cela vise à approfondir encore le partenariat et a été la première étape de la production conjointe de connaissances liées à l’adaptation.

En tant que référentiels de connaissances et partenaires de supervision, les universités partenaires peuvent contribuer à garantir que les capacités et l’apprentissage institutionnel mis en place continuent d’être exploités en faveur de l’action climatique à long terme de la nation. En faisant appel à l’expertise universitaire disponible, la Somalie bénéficie d’un accès à des recherches et à des méthodologies de pointe, ce qui renforce encore l’efficacité de ses stratégies climatiques.

Ces trois pays africains ont pris l’initiative de créer des approches innovantes en matière de transparence et de partenariats, et d’impliquer tous les segments de la société pour renforcer leurs efforts dans la lutte contre le changement climatique. Ces exemples constituent des modèles utiles dont les autres pays du monde peuvent tirer des enseignements et qu’ils peuvent reproduire.

La COP31 se déroulera du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie. Bien que les sommets des chefs d’État et de gouvernement (segments de haut niveau) soient traditionnellement programmés au début de la conférence — fixés ici les 11 et 12 novembre 2026 —, les journées thématiques spécifiques et les négociations ministérielles se poursuivent tout au long de l’événement.

L’agenda précis des sessions de haut niveau ou des journées thématiques dédiées prévues spécifiquement pour le 13 novembre n’a pas encore été détaillé de manière exclusive dans les calendriers généraux. Les discussions prioritaires de cette édition tourneront principalement autour des thèmes suivants :

Grands axes et priorités de la COP31

Thématique principaleObjectifs clés à l’horizon 2035
Électrification globaleAtteindre 35 % de la demande énergétique finale mondiale via l’électricité (contre environ 20 % actuellement).
Gestion des déchetsRéduire de 50 % la croissance globale des déchets (Programme Zéro Déchet).
Villes résilientesDiminuer d’au moins 25 % l’intensité de la consommation énergétique des bâtiments.
Financement climatiqueConcrétiser l’objectif de mobilisation de 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement.

La gouvernance de cette édition est inédite puisqu’elle associe une logistique gérée par la Turquie et une présidence des négociations menée par l’Australie, en étroite collaboration avec les États insulaires du Pacifique

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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