DAKAR, 21 OCTOBRE (JVFE)—La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a examiné, ce mardi 20 octobre 2026, le dossier d’Almamy Condé, ancien inspecteur des services financiers et comptables à la Direction générale du Trésor public. Alors que la défense conteste plusieurs dispositions du jugement rendu en première instance, le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État s’opposent à sa relaxe pour détournement de deniers publics.
Lors de cette audience, la défense d’Almamy Condé a vivement contesté la cohérence du jugement de première instance. Les avocats remettent en question sa condamnation pour blanchiment de capitaux alors même qu’il a été acquitté de l’accusation de détournement de deniers publics, s’interrogeant publiquement sur la provenance des fonds prétendument blanchis. Pour se justifier, l’ancien fonctionnaire affirme avoir bâti sa fortune grâce à d’importants investissements agricoles débutés en 2001, bien avant d’intégrer la fonction publique.
Me Séréba Mory Kanté conteste les accusations de corruption, d’enrichissement illicite et de blanchiment. Soutient que le préjudice de l’État n’est pas prouvé et réfute l’amende civile de 10 milliards de GNF.
Il a notamment remis en question les condamnations pour corruption d’agents publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, alors que son client a été relaxé du chef de détournement de deniers publics.
« S’il n’a pas détourné de deniers publics, comment a-t-il fait pour blanchir des capitaux ? D’où viennent ces capitaux ? », s’est-il interrogé.
Me Séréba Mory Kanté a également demandé à la Cour de préciser l’identité de l’agent public qui aurait été corrompu ainsi que les faits précis imputés à son client au titre de cette infraction.
La défense conteste également la condamnation d’Almamy Condé au paiement de dix milliards de francs guinéens à l’État à titre de dommages et intérêts. Selon elle, le préjudice invoqué par la partie civile n’aurait pas été suffisamment établi pour justifier un tel montant.
L’l’État et le Parquet estiment que la relaxe pour détournement de deniers publics n’était pas justifiée au vu des preuves. Ils demandent à la Cour d’appel de retenir sa responsabilité sur ce chef d’accusation.
Ils demandent ainsi à la Cour de revenir sur cette partie du jugement et de retenir la responsabilité de l’ancien inspecteur pour les faits concernés.
Le maintien des saisies sur ses nombreux biens immobiliers (immeubles à Kipé, Kaloum, Matoto), deux stations-service, une carrière de granite et une ferme avicole reste au cœur des débats.
Les débats en appel se poursuivent à la CRIEF afin de statuer définitivement sur la responsabilité pénale d’Almamy Condé et l’avenir de ses biens saisis.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
