Madagascar : Exportations illégales massives dénoncées par le président de la Refondation,100 tonnes par an vers Dubaï

DAKAR, 21 OCTOBRE (JVFE)—Environ 100 tonnes d’or quitteraient illégalement Madagascar chaque année à destination de Dubaï, d’après les révélations partagées par Michael Randrianirina, le président de la commission de la Refondation. Ce dernier a fermement durci le ton directement à l’aéroport pour lutter contre le trafic de ressources minières.

À plusieurs reprises, le chef de l’État a employé le terme « passoire » pour décrire la situation aux frontières nationales, particulièrement à l’aéroport d’Ivato.

Selon lui, des réseaux de trafiquants y opèrent malgré les importants moyens humains et matériels mobilisés pour assurer la surveillance et les contrôles. L’aéroport serait ainsi devenu un point de passage privilégié pour la sortie clandestine de ressources minières.

Le colonel Randrianirina a également évoqué un déplacement des activités illicites vers l’aéroport international de Nosy Be. D’après ses explications, lorsque les contrôles se renforcent à Antananarivo, certains trafiquants changent simplement d’itinéraire pour poursuivre leurs opérations. Une situation qui met en évidence les limites des dispositifs de surveillance et la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents services chargés de la sécurité aux frontières.

L’or alimente une économie parallèle et sert de levier de financement indirect des conflits (FSR).

Écart critique : seulement 148 kg enregistrés officiellement par les douanes contre 44 tonnes reçues à Dubaï.

Synthèse de la situation du trafic d’or vers Dubaï

Pays d’origineVolume estimé du trafic clandestinContexte et impact local
Madagascar100 tonnes / anExportations illégales massives dénoncées par le président de la Refondation.
Soudan35 à 45 tonnes / an (Darfour)L’or alimente une économie parallèle et sert de levier de financement indirect des conflits (FSR).
Cameroun44 tonnes (cumulé sur 5 ans)Écart critique : seulement 148 kg enregistrés officiellement par les douanes contre 44 tonnes reçues à Dubaï.

Le rôle de Dubaï comme “plaque tournante”

Dubaï s’impose comme le principal débouché de l’or de contrebande africain. Selon l’ONG Swissaid, près de 90 % de l’or illégal provenant d’Afrique transite par les Émirats arabes unis. Une fois sur place, le métal précieux est fondu et raffiné, ce qui lui permet de changer légalement de nationalité économique avant d’être réexporté vers des marchés comme la Suisse ou l’Inde.

Des ressources financières suffisantes pour financer une partie importante de son développement

Rien qu’avec le rapatriement des devises provenant des quelque 100 tonnes d’or qui seraient exportées illégalement chaque année vers Dubaï, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars, selon les estimations avancées par le président de la Refondation. Un montant considérable, qu’il a rapproché de la dette publique malgache, évaluée entre 6 et 7 milliards de dollars, selon les chiffres attribués au ministre de l’Économie et des Finances. Pour le chef de l’État, une meilleure maîtrise des exportations aurifères pourrait ainsi donner au pays les moyens de réduire fortement son endettement et sa dépendance aux financements extérieurs.

Le colonel Michaël Randrianirina estime qu’en adoptant une politique similaire, Madagascar pourrait disposer de ressources financières suffisantes pour financer une partie importante de son développement, sans devoir constamment solliciter la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Il reste toutefois à distinguer la valeur commerciale de l’or exporté des recettes que l’État pourrait réellement percevoir grâce à sa taxation, à son exploitation ou au rapatriement des devises.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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