DAKAR, 20 février 2026(JVFE)-Le Sénégal s’engage dans une nouvelle étape de son développement numérique.
À l’occasion de son adresse à la Nation, le 31 décembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé la mise en place d’antennes satellitaires sur l’ensemble du territoire national à partir de 2026.
Cette initiative vise à permettre à près d’un million de citoyens de bénéficier d’un accès gratuit à Internet. D’après le chef de l’État, ce programme a pour objectif de réduire la fracture numérique et de favoriser l’essor de secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat ainsi que l’inclusion numérique.
Le projet de développement télécom du Président Bassirou Diomaye Faye, intégré dans le « New Deal Technologique » lancé en 2025, vise à faire du Sénégal un hub numérique régional d’ici 2034.
Ce plan majeur met l’accent sur la souveraineté numérique, la dématérialisation des services publics (GovNum) et une couverture Internet gratuite par satellite pour un million de citoyens, notamment en zones rurales dès 2026.
Axes principaux du Projet “New Deal Technologique”
- Connectivité Universelle et Internet Gratuit : Lancement d’antennes satellites pour réduire la fracture numérique, complétant la 4G/5G existante (97% de couverture 4G) pour atteindre les zones enclavées.
- Souveraineté Numérique : Construction d’infrastructures sous contrôle national et protection des données.
- Digitalisation (GovNum) : Dématérialisation de 90 % des procédures administratives d’ici 2034.
- Économie Numérique : Création de 150 000 emplois directs et 200 000 indirects via l’innovation et la Startup Act.
- Infrastructures : Plan d’investissement de plus de 561 milliards FCFA (1 milliard USD) pour 2026, incluant le numérique.
Objectifs Stratégiques
- Réduction de la fracture numérique : Améliorer l’accès à Internet, très faible en zone rurale (3% des ménages) par rapport à Dakar (43,8%).
- Inclusion numérique : Favoriser l’éducation, la santé et l’entrepreneuriat par un accès universel.
- Souveraineté : Garantir la résilience des infrastructures stratégiques.
Ce projet ambitieux, qui s’appuie sur une collaboration avec des partenaires internationaux, positionne le numérique comme levier de transformation structurelle du Sénégal.
Starlink est désormais disponible et officiellement autorisé au Sénégal depuis début février 2026, offrant un internet par satellite à haut débit, notamment pour combler la fracture numérique en zones rurales.
Depuis le 4 février 2026, le service internet par satellite Starlink est officiellement disponible au Sénégal. Cette arrivée fait suite à une autorisation délivrée par l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), soumettant SpaceX à un cahier des charges spécifique et à la création d’une filiale locale, Starlink Sénégal.
Le service propose deux forfaits résidentiels principaux, accessibles sans engagement de durée.
- Forfaits Mensuels :
- Résidentiel Lite : 22 000 FCFA / mois.
- Résidentiel : 30 000 FCFA / mois.
- Coût du Matériel (Kit Starlink) :
- Kit Mini : 117 000 FCFA.
- Kit Standard : 146 000 FCFA.
Performances Techniques
La technologie repose sur une constellation de satellites en orbite basse, offrant une alternative performante aux réseaux classiques (fibre, 4G) particulièrement dans les zones rurales isolées.
- Vitesse de téléchargement : Jusqu’à 305 Mbit/s.
- Vitesse de transfert (upload) : Entre 20 et 40 Mbit/s.
- Latence : Située entre 20 et 40 ms.
- Disponibilité : Estimée à plus de 99,9 %.
Projets Gouvernementaux
Le gouvernement sénégalais utilise cette technologie comme levier pour réduire la fracture numérique. Un programme spécifique prévoit :
- L’acquisition de 5 000 kits à tarif préférentiel par l’État.
- Un objectif de connecter gratuitement 1 million de Sénégalais d’ici le premier semestre 2026, via des points de Wi-Fi communautaires dans les écoles, les postes de santé et les zones frontalières.
À la suite de l’annonce de l’arrivée de STARLINK sur le marché sénégalais, la sortie de la Coordination des syndicats des opérateurs télécoms – GROUPE SONATEL, Yas Senegal, Expresso Senegal – soulève une série d’interrogations de fond, qui structurent aujourd’hui le débat public.
1 – L’organisation a-t-elle raison de réclamer un ticket d’entrée spécifique pour un opérateur satellitaire, au même titre que les licences payées par les opérateurs terrestres ?
2 – Est-elle fondée à exiger une réforme du code des communications électroniques avant ou parallèlement à l’exploitation effective de services satellitaires au Sénégal ?
3 – Ne confond-elle pas infrastructures terrestres et infrastructures spatiales, dont les modèles économiques, techniques et réglementaires sont différents ?
4 – L’équité entre acteurs signifie-t-elle une stricte égalité de charges, ou une adaptation des règles à la nature des technologies utilisées ?
5 – La contribution financière attendue de Starlink doit-elle être assimilée à une licence classique, ou relever d’un autre mécanisme fiscal et réglementaire ?
6 – Quel équilibre l’État doit-il trouver entre attractivité du marché, innovation technologique et protection de l’écosystème local ?
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
