Plus de 100 personnalités, dont l’ancienne ministre en chef du Jammu-et-Cachemire, Mehbooba Mufti, ont appelé au dialogue entre l’Inde et le Pakistan. Elles se sont adressées au Premier ministre Modi et à leurs homologues pakistanais à ce sujet. Qui sont les signataires de cette lettre ? Quels sont leurs arguments ? Découvrez les réponses de JVFE à ces questions dans cet article.
DAKAR, 1er juillet 2026 (JVFE)—Un an après l’opération Sindoor, plus de 100 personnalités indiennes et pakistanaises ont lancé un appel conjoint, exhortant le Premier ministre Narendra Modi et son homologue pakistanais Shahbaz Sharif à prendre des mesures pour rétablir la paix. Cet appel vise à relancer les relations bilatérales et le dialogue entre les deux pays. Mehbooba Mufti, chef du Parti démocratique populaire (PDP) et ancienne ministre en chef du Jammu-et-Cachemire, a également salué les récentes déclarations de responsables du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) en faveur du dialogue bilatéral, notamment l’envoi de lettres aux Premiers ministres indien et pakistanais.
À qui Mehbooba faisait-elle référence lorsqu’elle parlait des responsables du RSS ?
La mufti a exhorté le Premier ministre Narendra Modi à saisir l’opportunité de résoudre la question du Jammu-et-Cachemire par le dialogue, affirmant que cela apporterait une paix durable à toute la région. S’adressant à l’agence de presse ANI, la mufti a déclaré que de hauts responsables du RSS, tels que Dattatreya Hosabale et Mohan Bhagwat, avaient évoqué des pourparlers avec le Pakistan. Elle a réitéré la déclaration de Vajpayee : « On peut changer d’amis, mais pas de voisins. » La mufti a affirmé que les réformes au Jammu-et-Cachemire pourraient relier l’Asie du Sud et l’Asie centrale. La région pourrait devenir un pôle d’activité économique. Elle a suggéré des pourparlers sur la Ligne de contrôle (LoC) et la Ligne de contrôle effectif (LAC), l’ouverture des frontières et la volonté de faire du Jammu-et-Cachemire un pont de paix.
Mehbooba Mufti, présidente du Jammu and Kashmir Peoples Democratic Party (PDP), exhorte le gouvernement indien à relancer le dialogue avec le Pakistan et les forces locales pour stabiliser la région.
Les points clés de la déclaration
- Appel au dialogue : Elle demande directement au Premier ministre Narendra Modi d’ouvrir des discussions.
- Référence au RSS : Elle s’appuie sur les récentes ouvertures de dirigeants du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) concernant le Pakistan.
- Doctrine Vajpayee : Elle cite l’ancien Premier ministre Atal Bihari Vajpayee : « On peut changer d’amis, mais pas de voisins ».
- Potentiel économique : Elle envisage le Jammu-et-Cachemire comme un carrefour commercial entre l’Asie du Sud et l’Asie centrale.
- Mesures concrètes : Elle suggère des discussions sur la Ligne de contrôle (LoC) et la Ligne de contrôle effectif (LAC), ainsi que l’ouverture des frontières.
Analyse du contexte
Cette prise de parole intervient dans un climat politique complexe en Inde. Le gouvernement central maintient une ligne ferme sur la sécurité au Cachemire tout en essayant de relancer le processus démocratique local. Mufti tente de capitaliser sur les déclarations modérées de certains leaders nationalistes pour pousser à une désescalade diplomatique.
Pourquoi le BJP a-t-il critiqué la lettre ? En réaction
, Sunil Sharma, député du Jammu-et-Cachemire et chef de l’opposition à l’Assemblée, a déclaré qu’appeler au dialogue était une erreur. Critiquant la lettre, il a affirmé que le terrorisme était en recul, rendant ainsi les négociations inopportunes. M. Sharma a souligné que les questions relatives au Pakistan relevaient exclusivement de la compétence du gouvernement indien. Il a condamné de telles déclarations et a déclaré que les générations futures ne leur pardonneraient pas.
Qui a envoyé la lettre au nom de l’Inde et du Pakistan ?
Cet appel a été lancé par le Centre pour la paix et le progrès. Il a été signé par 117 personnes, dont 61 citoyens indiens et 56 pakistanais. L’appel exhorte les deux gouvernements à mettre fin à cette hostilité persistante. Les signataires affirment que cette hostilité prive des millions de jeunes d’opportunités, de prospérité et d’un avenir sûr. La lettre souligne que l’Inde et le Pakistan abritent ensemble environ un cinquième de la population mondiale. Les peuples des deux pays méritent un avenir fondé sur la paix, le développement et la coopération.
Quelles mesures de confiance ont été proposées ?
Les signataires ont exigé le rétablissement complet des relations diplomatiques. Ils ont insisté sur la reconduction des hauts-commissaires à New Delhi et à Islamabad. Ils ont également demandé la reprise des services de visas normaux et la réouverture de l’espace aérien aux vols commerciaux. De plus, la réouverture de la frontière terrestre d’Attari-Wagah pour le commerce et les déplacements a été réclamée. La relance du service de bus Srinagar-Muzaffarabad et d’autres initiatives de connectivité transfrontalière ont également été demandées. Qui sont les signataires de la lettre ? Parmi les signataires indiens figurent Farooq Abdullah, chef de la Conférence nationale, Mirwaiz Umar Farooq, dirigeant séparatiste, et Mehbooba Mufti, chef du PDP. Manoj Jha, député du RJD, et Humayun Kabir, ancien ministre du TMC et actuel dirigeant de l’AJUP, ont également signé. Parmi les signataires pakistanais, on compte notamment l’ancien ministre des Affaires étrangères, Khurshid Mahmud Kasuri. L’ancien diplomate Ashraf Jahangir Qazi, le membre de l’Assemblée nationale Isfanyar Bhandara et le physicien nucléaire Parvez Hoodbhoy en font également partie.
Qu’ont dit les signataires de la lettre concernant le dialogue et la coopération ?
L’appel appelle à la reprise d’un dialogue bilatéral global sur toutes les questions en suspens, y compris le Jammu-et-Cachemire. Il demande un réexamen du cadre négocié entre 2004 et 2007. L’accent est mis sur la prise en compte des préoccupations légitimes des deux pays en matière de sécurité, ainsi que sur la démilitarisation et la désescalade. La lettre affirme que des décennies d’éloignement ont entravé notre potentiel collectif. Un engagement et un dialogue soutenus constituent la seule voie viable pour résoudre les différends. Les signataires ont également insisté sur la réouverture du corridor de Kartarpur Sahib, l’accès à Sharda Peeth dans la vallée de Neelum au Pakistan et la facilitation des déplacements vers les sites du patrimoine religieux et culturel de part et d’autre de la frontière.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
