DAKAR, 04 Septembre 2026 (JVFE)—Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi (dit “Irro”), a entamé une tournée diplomatique majeure en direction des Émirats arabes unis et des États-Unis.
Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi Irro, s’est rendu jeudi aux États-Unis pour une visite de travail officielle, avec une escale aux Émirats arabes unis. Il s’agit de sa première visite aux États-Unis depuis son entrée en fonction.
Irro devrait se rendre à New York, où il rencontrera des membres de la Chambre des représentants et du Sénat américains. Des sources diplomatiques ont également indiqué que le président espère rencontrer le président américain Donald Trump.
Selon la présidence du Somaliland, l’agenda sera axé sur le renforcement des relations entre le Somaliland et les États-Unis, l’élargissement de la coopération en matière de sécurité et d’affaires économiques, la promotion des investissements et la poursuite des efforts du Somaliland pour obtenir une reconnaissance internationale.
Cette visite intervient environ trois mois après le voyage d’Irro en Israël, une visite qualifiée d’historique par les médias israéliens. Elle fait également suite à l’annonce faite par Israël en décembre de la reconnaissance du Somaliland comme État indépendant.
Le Somaliland a proclamé son indépendance de la Somalie en 1991, mais n’a toujours pas obtenu une large reconnaissance internationale.
Le gouvernement fédéral de Somalie a maintes fois affirmé que le Somaliland fait partie intégrante de la République fédérale de Somalie et insiste sur le fait que ce différend doit être résolu par le dialogue et un processus politique mutuellement acceptable.
Le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, a rencontré dimanche à Jérusalem son homologue israélien lors de sa toute première visite d’État, qui intervient plusieurs mois après la reconnaissance officielle par Israël de cet État africain sécessionniste.
Les relations entre le Somaliland et Israël ont également suscité l’attention en raison de la position stratégique du Somaliland. Son long littoral le long du golfe d’Aden et sa proximité avec le détroit de Bab el-Mandeb confèrent à ce territoire une importance considérable pour la sécurité régionale et le commerce maritime international.
L’importance stratégique de la région s’est accrue suite aux attaques menées par le mouvement houthi du Yémen contre des navires commerciaux transitant par la mer Rouge, perturbant ainsi le trafic maritime international sur cette voie navigable.
Cependant, les efforts du Somaliland pour obtenir la reconnaissance des États-Unis se heurtent à des obstacles politiques et régionaux. La plupart des pays de la région, ainsi que les organisations internationales, continuent de soutenir l’intégrité territoriale et l’unité de la Somalie.
La visite d’Irro constituera donc un test important pour la politique étrangère de son gouvernement, notamment pour ses efforts visant à renforcer les liens avec Washington et à persuader les décideurs politiques américains de soutenir la cause de l’indépendance du Somaliland.
En décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître l’indépendance du Somaliland depuis que celui-ci a déclaré son autonomie vis-à-vis de la Somalie en 1991, à la suite d’une guerre civile.
« Cette visite revêt une importance particulière », a déclaré Abdullahi, selon un communiqué publié par le bureau du président israélien Isaac Herzog.
« Il s’agit de la première visite d’État d’un président de la République du Somaliland dans un autre pays, et nous sommes profondément reconnaissants à l’État d’Israël de nous recevoir avec un tel honneur en cette occasion historique », a déclaré Abdullahi.
« Le Somaliland dialogue et tend la main aux dirigeants du monde depuis 35 ans. Ils ne posaient qu’une seule question : nous rencontrer. Un seul pays a souhaité nous rencontrer et reconnaître le Somaliland, et c’est le gouvernement d’Israël et son peuple. »

Le Somaliland jouit d’une position stratégique sur le golfe d’Aden et possède sa propre monnaie, son propre passeport et sa propre armée, mais il a eu du mal à obtenir une reconnaissance internationale, de nombreuses capitales craignant que cela ne provoque la Somalie et n’encourage d’autres mouvements séparatistes en Afrique.
Herzog a déclaré que la visite d’Abdullahi « symbolise le grand potentiel de ce merveilleux nouveau partenariat », ajoutant qu’il espérait une coopération bilatérale accrue « dans de nombreux domaines ».
« Nous sommes tous deux confrontés à la menace de l’extrémisme radical. Nous recherchons tous deux la sécurité et la stabilité dans la région et dans la Corne de l’Afrique. Nous reconnaissons tous deux l’importance de protéger la liberté maritime », a déclaré Herzog.
Cette visite intervient quelques semaines seulement après la nomination par Israël de son premier ambassadeur au Somaliland, une mesure réciproque après la nomination par le Somaliland de son propre envoyé en Israël.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, s’était rendu au Somaliland en janvier – un voyage qui avait suscité une vive condamnation de la part de la Somalie, qui l’avait qualifié d’« incursion non autorisée ».
Cette visite officielle s’articule autour de plusieurs enjeux stratégiques :
Les discussions porteront sur le renforcement des relations diplomatiques, le développement économique, l’expansion de la sécurité maritime et la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique.
Le président cherche à stimuler les investissements étrangers directs, notamment autour des infrastructures clés comme le port de Berbera.
Ce voyage intervient alors que le Somaliland accentue ses efforts diplomatiques globaux pour faire reconnaître sa souveraineté à l’échelle internationale. Il s’agit de son premier déplacement officiel aux États-Unis depuis son accession à la présidence fin 2024
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
